Comment coacher (un pongiste) ?

Coacher, c’est accompagner un joueur dans sa rechercher de solutions.  J’adore cela.
C’est en coachant mes enfants (parfois très mal) et d’autres joueurs que j’ai appris quelques « trucs » que je vous expose ici :

AVANT LE MATCH

1) Bien connaitre son joueur

Pour bien coacher, il faut savoir ce que son joueur est capable de faire.

Cela ne sert à rien de lui dire de toper du revers en ligne droite s’il ne sait pas le faire.

2) Enlever la pression et le stress

Rappeler au joueur que le résultat n’a pas d’importance.

Ce qui est important, c’est de jouer à fond, de faire son possible pour essayer de gagner, d’essayer de bien jouer, de reproduire ce qui a été appris à l’entrainement, de rester fair-play.

Ne pas lui parler des conséquences possibles de sa victoire ou de sa défaite, des enjeux.

Ne surtout pas dire : « Si tu gagnes, tu seras qualifié pour la finale » ou « Si tu perds, tu ne pourras pas aller au top12″

3) Y croire toujours !

Ne pas partir vaincu à l’avance.

Ne pas croire que l’autre est imbattable.

Ne pas être impressionné par le classement de l’autre.

Il suffit de peu de chose pour renverser une situation très difficile.

(Mon fils E4 vient de battre son premier D2,   3 sets à 0.    Il y croyait, et j’y croyais aussi avant le match !)

4) Pas de tactique avant une première confrontation

AVANT le match, il faut surtout concentrer son coaching sur son propre jeu
(ex: n’oublie pas de bien te placer avant de jouer, de frotter la première balle,…)

Il m’est déjà arrivé de donner des conseils tactiques sur un joueur d’après ce que j’avais pu voir à d’autres matchs.
Cela a empêché mon fils de jouer librement et spontanément son jeu et les conseils tactiques se sont avérés inefficaces.


PENDANT LE MATCH

5)  Positiver et encourager (avant ET pendant le match)

Après « chaque » point perdu, encourager le joueur : « Ce n’est pas grave, on continue à jouer, ce n’est pas fini ».
Cet encouragement est particulièrement important lorsque le joueur est « découragé » d’avoir subi un point de chance, ou d’avoir raté une balle très facile.

– Ne jamais dire qu’il a mal joué entre les sets pendant le match.  (Après la compétition, on peut lui dire.)

– Ne pas montrer au joueur son stress, son découragement, ou sa déception de le voir mal jouer.
Rester soi-même positif

6) Pas trop de conseils

Dire 6 choses à améliorer, c’est risquer que le joueur oublie et n’applique pas le plus important.

Il faut donc choisir les 3 plus gros changements à apporter.

7) Conseils à tester à ajuster en cours de set, en cours de match

Rappeler au joueur que certains conseils  doivent être essayés mais ne fonctionneront peut-être pas, et qu’il ne faudra plus les suivre.

Exemple : Durant le premier set, tu as toujours attaqué dans le revers. Essaye un peu d’attaquer dans le coup droit. Mais si tu vois qu’il bloque bien et que cela ne fonctionne pas, ne continue pas systématiquement.

8) La variation

Rappeler qu’une tactique ne doit jamais être suivie à 100%, car l’autre risque de s’habituer et de trouver la parade.

Il faut toujours varier et surprendre l’autre.

Exemple : Si le joueur adversaire bloque mal du coup droit, il ne faut pas attaquer tout le temps dans le coup droit, mais 1X/5 dans le revers et au milieu pour que l’adversaire ne sache jamais à l’avance où se préparer.

9) Reconnaitre la complexité des solutions :
Un point fort peut être une faiblesse dans certaines situations :

Exemple : un joueur peut avoir un super top du coup droit lorsqu’il pivote, et avoir plus de problèmes lorsqu’il doit le jouer fond coup droit.

Un joueur peut très bien jouer du revers près de la table, mais lorsqu’il se trouve loin de la table, son revers devient un point faible.

10) Après un set gagné,…

– Ne pas (trop) coacher (pour ne pas perturber ce qui a bien fonctionné)

– Donner un ou deux petits conseils, une ou deux petites corrections, pas plus.

Rappeler que ce n’est pas gagné et qu’il faut rester concentré

Il m’est déjà arrivé de dire à mon fils d’attaquer plus alors qu’il venait de gagner le set en poussant beaucoup.
Il a finalement perdu son match.

11) Après un set perdu, si son joueur a bien joué,…

– Baser son coaching sur les faiblesses de l’autre

– Chercher à empêcher l’autre d’utiliser ses points forts

– Lui dire qu’il a bien joué et qu’il faut continuer ainsi en changeant quelques petites choses

12) Après un sert perdu, si le joueur a « mal » joué,…

– Baser son coaching sur son propre jeu (placement des jambes, gestes, pivot, agressivité,…)

– Rester positif et encourager

13) Écouter le joueur

Laisser parler le joueur sur ce qu’il a vécu durant le set, ce qu’il lui pose problème.

Tenir compte de ce qu’il a dit pour trouver des solutions.

Le joueur est le placé pour expliquer ses difficultés, les effets de balles.

Un coach ne vit pas le match de l’intérieur et ne comprend pas toujours  les effets que l’adversaire donne à ses balles.

 

APRÈS LE MATCH

14) Utiliser ses défaites pour apprendre

Chaque défaite permet d’apprendre, à condition de chercher les causes et les lacunes et de les retravailler à l’entrainement.

Expliquer au joueur qu’on va retravailler tel point à l’entrainement.

Projeter le joueur sur le futur et pas sur la défaite passée pour lui redonner le moral.

15) Faire réfléchir le joueur

A-t-on avis, pourquoi as-tu perdu ?

Qu’est-ce qui n’a pas bien fonctionné ?

Qu’est-ce que tu aurais pu essayer ou changer ?

16) Féliciter le joueur s’il a bien joué  (surtout s’il a perdu)

Ne pas oublier de féliciter le comportement du joueur et non le résultat (pour être en cohérence avec le conseil n°2)

17) Parfois, NE PAS COACHER et ne pas regarder !

Afin d’obliger le joueur à réfléchir par soi-même, et à se prendre en main, il est utile le laisser le joueur seul, sans le coacher, et même sans le regarder.

18) Éviter de coacher son enfant !

(conseil ajouté le 2 avril 2012)
En effet, j’ai pu constater que le lien affectif entre un enfant et un parent perturbait le coaching.
L’enfant qui écoute son « parent-coach » se dit « Que pense-t-il de moi ? M’aimera-t-il toujours si je perds ? » au lieu d’écouter les conseils.
Le parent-coach est plus nerveux et s’énerve plus facilement avec son enfant, et lui transmet son stress.
J’ai remarqué que mes enfants écoutent mieux un coach « étranger » que moi.
Lorsqu’un bon coach est disponible, il est donc préférable de lui passer la main.

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