1) Préparer le terrain

On organise la maison de façon à optimiser la participation de son enfant aux tâches ménagères. Dans la chambre d’abord : On prévoit des meubles à leur hauteur et des rangements aisés à identifier et exécuter. Par exemple, des bacs ou des paniers de rangements, dans lesquels on regroupe le même type de jouets, des meubles bas… Pour faciliter le rangement, on utilise des étiquettes afin d’écrire ou dessiner la fonction de chaque rangement. Idem pour les autres pièces de la maison, on pense en se mettant à la taille de son/ses enfant(s): des marchepieds ou escabeaux pour qu’ils puissent aider pour la vaisselle, un emplacement facile d’accès pour l’éponge, un panier à linge là où il se déshabille, etc. Lorsque vous aurez fait ça, il n’y aura plus qu’à les prendre par la main et les emmener dans la danse.

2) On commence tôt

Dès un an (dès qu’il commence à déranger en fait), on peut sensibiliser son enfant au rangement. On fait avec lui/elle, en lui montrant et en lui expliquant. On lui demande de nous aider à la mesure de ses possibilités : ramasser une balle, rapporter un livre, jeter un papier à la poubelle… On met en place des routines qu’on répètera avec l’enfant. Par exemple, le matin on fait le lit, on débarrasse son bol puis la table… Le soir on range ses jouets avant de lire une histoire… On ritualise ainsi plein de petits moments qui deviendront presque naturels avec le temps.

3) A chaque âge son ménage

Inutile de demander à son bambin de deux ans de briquer les vitres ou de lancer une machine, même si ça pourrait être carrément pratique certains jours. Quelques repères: à partir de 2 ans, l’enfant est capable de ranger des jouets dans un bac, jeter ses détritus, mettre son linge sale à la poubelle, son pyjama sous l’oreiller… A partir de 4 ans, il peut passer l’éponge sur une table, aider à débarrasser ou mettre la table, faire son lit, arroser les plantes… A 5 ans, il sait utiliser l’aspirateur, ranger ses vêtements. On installe une bassine dans l’évier pour qu’il participe à la vaisselle (vaisselle choisie ; on évite les flutes en cristal ou autre objet cher ou tranchant). A partir de 8 ans, il peut aider pour la cuisine, les sols, les animaux, etc. On évite bien entendu tous produits toxiques et on garde toujours un œil sur les travaux en cours.

4) Des règles simples

Mais immuables. On range le jeu utilisé avant d’en sortir un autre. C’est tout bête, mais acquis, ça change la vie. Il a fait tomber la moitié de son assiette au pied de la table ? Elle a renversé son jus sur le lit ? Inutile de crier : bêtise réparable et réparée, bêtise pardonnée. On invite son enfant à nettoyer lui-même en l’aidant les premières fois. Formaliser les règles de la maison en matière d’ordre en écrivant les plus importantes sur un tableau est une bonne idée : On peut aussi impliquer les enfants et faire appel à leur sens logique, sous forme de questions : « Où pourrait-on mettre les couverts sales ? Et ce jeu, où pourrais-tu le ranger pour le retrouver facilement ? Ta serviette de bain, elle sera mieux là accrochée à côté de la baignoire ou dans le couloir par terre en boule ? » Des réponses en chœur et quelques sourires permettront aux enfants d’être acteurs à la maison et de comprendre le sens et le but du rangement.

5) Etre souple

La maison n’est ni un bric-à-brac, ni un camp militaire. Pour faire intégrer la notion de rangement, il faut accepter qu’il y ait aussi du désordre. Dans les temps de jeu, on tolère un seuil de pagaille raisonnable sous condition de ranger ensuite. Ordonner « range ta chambre » et imposer que l’enfant fasse tout seul est souvent contreproductif. La notion est trop abstraite et comme nous, l’enfant peut se sentir découragé quand la tâche semble trop grande. On l’accompagne alors, sans faire à sa place et on procède par étapes : il/elle ramasse les jeux en bois, puis on l’aide pour les livres. Ou alors on délimite un coin de la chambre à ranger avec lui avant de poursuivre vers un autre. Et si les vêtements ne sont pas parfaitement pliés ou que la couette est de travers, on se focalise sur les efforts effectués. On évite ainsi de faire du rangement un conflit tout en aidant son enfant à être autonome et fier de lui.