« Cessez d’être gentils, soyez vrais ! »

Synthèse personnelle de la conférence de monsieur Ansembourg du 25 février 2003 à Ciney

Nous avons été habitués à être gentils en façade en ignorant nos sentiments.

L’écrasement de ses sentiments, la frustration accumulée à cause de cela, entraine une violence beaucoup plus importante vers soi-même ou vers l’autre par la suite.

 

Beaucoup d’adultes prononcent involontairement ceci :

« Tu serais gentil si tu rangeais ta chambre, si tu avais de beaux points, si tu allais au magasin,… »

 

L’enfant comprend ceci :

« Je t’aime si tu ranges ta chambre, si tu as de beaux points, si tu vas au magasin,… »

 

Conséquences pour l’enfant :

« Je me conforme à vos attentes. » (il s’agit d’un conditionnement.)

 

Conséquences, pièges de cette conformité :

 

1) Pas de sécurité affective, pas de confiance en soi

 

L’enfant a besoin, est « accro » du regard de l’autre pour avoir une sécurité affective. 

« Que va-t-on dire de moi ? »

 

2) Difficulté à accepter nos différences et celles des autres.

 

Le développement de la personnalité est stoppé.  La liberté de dire son opinion est menacée.

Þ Peur de dire ce que l’on pense Þ Il faut se conformer aux autres pour rester en paix, ne pas avoir de conflits.  Þ Ignorance de sa personnalité, de son originalité Þ On reproduit la même chose.

 

Lorsqu’il y a un conflit, on argumente car on n’accepte pas la différence et on veut rétablir l’unanimité.

 

3) Difficulté à dire non, de manière respectueuse et bienveillante.

 

Exemple : Au lieu d’accepter à contre cœur, par peur de vexer, il faut oser dire « Oui, merci pour votre invitation.  Ce serait un plaisir un autre week-end mais ce week-end, je suis vraiment fatigué et j’ai besoin de repos. »  Sinon on risque de les trouver « pompant » et de devenir méchants.

 

Il faut oser mettre ses limites pour pouvoir respirer.

 

4) Difficulté à être plutôt qu’à faire.

 

On fait, on est actif plutôt qu’être dans ce que je fais. 

Il faut être là, être à l’écoute plutôt qu’être actif sans être.

 

5) Difficulté à vivre les sentiments

 

Vivre les sentiments qui nous habitent pour reconnaitre nos besoins et se renseigner et dire ce que je dois faire.  Être disponible pour nous et pour l’autre.

 

La colère est un indice de vitalité et sentiment utile pour changer, pour répondre à ses besoins.

Elle ne doit pas être étouffée, ignorée mais être maitrisée.

 

6) Difficulté à s’écouter (soi-même) et à écouter les autres.

 

Il est préférable d’écouter plutôt qu’argumenter, de conseiller.

 

Comment s’en sortir ?  Quels sont les remèdes ?

 

Il ne faut pas éviter ses frustrations, les écraser pour être gentil.  Il faut apprendre à vivre les frustrations.

 

Voici donc les 5 étapes pour remédier aux frustrations :

 

a)      Nommer le sentiment (je suis triste, en colère, nerveux,…)

b)      Nommer le besoin qui en découle (j’ai besoin d’écoute, de parler,…)

c)      Formuler le besoin, la demande  (à la personne concernée)

d)      Écouter le besoin de l’autre

e)      Chercher un compromis qui rencontre les deux besoins.

 

Si l’on écrase ses frustrations, on emmagasine comme dans une cocotte-minute et l’on risque d’exploser (rébellion) ou d’imploser (absentéisme, déprime, on se sent perdu, sans repère).

 

On nous a appris à étouffer nos sentiments : « Arrête de pleurer, tu es un grand.  Sois sage.  Ne sois pas triste, tu as plein de raisons d’être heureux. »

Tous les messages que nous recevons sont de type intellectuel et non sentimental.

 

Les messages que je reçois me font ENCODER ceci : « Coupe-toi de tes émotions. Ne fais pas ce que tu as au fond de toi mais fais ce que les autres attendent de toi. »

 

 

Comment accueillir mes sentiments ?

 

Le message que l’on reçoit de la société est : « Il faut écouter les autres, faire ce que les autres veulent. »

 

(Les lettres ci-dessous font référence aux 5 étapes pour remédier à ses frustrations.)

a-b) Je ne peux pas aimer, écouter, voir l’autre si je ne m’aime pas, ne m’écoute pas, ne me vois pas.

 

La peur d’être jugé, d’être critiqué Þ  entraine la peur de s’ouvrir, de parler de ses sentiments. Þ Donc, je me colle dans la peau que l’autre voudrait que je sois.

 

c) Il faut dire nos besoins à la personne plutôt que de se plaindre continuellement (à une autre personne, non concernée par le problème).

Il faut dire ses besoins plutôt que reprocher et dire ce que je ne veux pas..

 

e) Souvent, nous ne sommes pas prêts à ce que l’autre ne soit pas d’accord car il y a une lutte de pouvoir (obligation).

 

Il faudrait intégrer les deux opinions, chercher un compromis pour rencontrer l’autre, cohabiter avec l’autre plutôt qu’une lutte de pouvoir.

Nous avons le rêve que l’autre pense et soit comme nous alors que l’on ne voit pas les choses de la même façon.

 

Les 4 pièges de la tension mentale, de la division entre les êtres humains

 

1) Le jugement, les étiquettes, la catégorie

 

2) Les préjugés, les croyances

 

Exemple : On croit parfois déranger une personne, déplaire alors qu’on ne lui a même pas demandé.

 

Il faut essayer de lire les faits sans juger en posant des questions.

Et de son côté, il faut se situer (ses besoins) sans juger.

 

3) Pensée binaire, dualiste (opposition)

bien OU mal ?

raison OU tort ?

intellectuel OU manuel ?

dominant OU dominé ?

oui OU non ?

 

La vie est plus NUANCÉE, plus complexe.

 

C’est bien ET mal.  Tu as raison ET tort à la fois.  Oui ET non.

Chercher la complémentarité.

Suis-je un outil de paix ou de guerre ?

Pour être avec l’autre, il ne faut pas se couper de soi.

Il faut être avec soi ET avec l’autre.

 

Formuler ses besoins, c’est maintenir la relation, c’est la nettoyer des frustrations, des plaintes, des reproches, de l’hypocrisie, des arguments, de la lutte de pouvoir.

 

On ne communique plus dans cette société dite de communication.  On déverse l’info mais on n’écoute plus, on n’échange plus.

 

Être avec l’autre sans cesser d’être avec soi-même.

Être soi-même sans cesser d’être avec l’autre.

 

 

4) Langage responsabilisant

 

« Il faut…, tu dois…, tu devrais…, il est l’heure … »

On cherche une source extérieure (programme, loi) pour instaurer le pouvoir, l’obligation.

 

Rendre l’homme libre de faire des choix tout en acceptant les conséquences des choix et les contraintes.

 

On a appris à commenter la presse plutôt que de commenter soi-même.

 

Explication du schéma :

On est tous différents au niveau de la tête mais on est tous pareils au niveau des besoins, du ventre.

Plutôt que s’opposer intellectuellement, il faut se rencontrer, chercher un compromis car l’autre a les mêmes besoins que moi.

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