Les 9 (+1) causes de la violence

Les 9 (+1) causes de la violence

(Synthèse subjective de la conférence de Jean Epstein du 4 février 2002 à Namur et de sa conférence à Huy en 1999??? vue partiellement sur cassette vidéo).

Quelles sont les types de violences ?

  1. Les violences exogènes (vers l’extérieur) : violences physiques, violences verbales, violences envers l’environnement,…
  1. Les autoviolences (violences à soi-même) : la toxicomanie, l’alcoolisme, le décrochage, les tentatives de suicide,…

(Les informations ci-dessous sont les résultats des statistiques élaborées à partir d’une enquête effectuée pendant 4 ans auprès de 1500 jeunes de 8 à 15 ans ayant commis des actes de violence.)

Causes de violence

(9 repères manquants)

Solutions, remèdes 

(9 repères à donner)

1. Les rythmes de développement et de vie non respectés.

Ex: Les enfants littéraires, peu logiques ne rentrent pas dans le moule, ils sont en danger.

Chaque enfant a un développement différent.  Il faut respecter le rythme d’apprentissage de chacun et ne pas le sanctionner s’il ne se développe pas aussi vite qu’un autre.

Ne pas donner des responsabilités d’adulte trot tôt à l’enfant.  Ne pas le parentaliser trop vite.

2. Pas de maitrise du temps.

Je m’ennuie donc je casse.

Ces enfants sont incapables de se mettre en projet, de se fixer des objectifs à atteindre.

a) Enfants trop occupés ou mal occupés.

Incapacité à gérer leurs temps libres car ils ont toujours été occupés (par leurs parents).

b) Enfants livrés à eux-même, sans contrainte de temps. Ils se lèvent, mangent, se couchent quand ils veulent.

c) Enfants « zapping », incapables de se concentrer, de se tenir à une activité.

 

 

a) Permettre à l’enfant d’avoir des temps libres pour qu’ils puissent se mettre en projet mais aussi rêver.

 

b) Donner des contraintes de temps.  « À midi, on mange.  À 7h, tu dois te lever. »

c) Proposer des activités qu’il aime, pour lesquelles, il voudra (et pourra) se concentrer.

Accompagner l’enfant dans l’activité pour qu’il franchisse les obstacles rencontrés et n’abandonne pas son objectif.

3. L’enfant-roi : tout est à moi, tout de suite, tout le temps.

J’ai tout ce que je veux, tout le temps, tout de suite.

Les adolescents qui raquettent en sont encore à ce stade du bébé.

Si l’enfant n’arrive pas à gérer les conflits avec les autres, il pratiquera l’autoviolence.

– Apprendre qu’il n’est pas le centre du monde, qu’il doit parfois attendre pour avoir du plaisir.

Le bébé agit pour obtenir un plaisir immédiat.  L’adulte peut agir pour obtenir un plaisir ultérieur.

Apprendre à l’enfant à décaler l’acte du plaisir qu’il recevra et à avoir des projets à long terme.

– Ne pas céder aux pleurs (capricieux).

– Faire accepter que l’autre possède quelque chose.

4. Aucun intérêt, aucun projet, aucun pôle d’intérêt.  

a) Les parents décident à la place de l’enfant

« – J’aimerais faire de la musique. – Non, tu feras de la natation. »

b) Ils n’ont pas eu assez de temps pour explorer, varier les pôles d’intérêts.  Ils se sont spécialisés trop tôt dans un domaine.

c) Pourquoi travailler ? Mes parents ne travaillent pas.

Travailler, c’est ennuyant.

 

a) Faire faire des choses qu’il a envie, qui l’intéressent et pas les choses que les parents ont envie.

 

b) Leur permettre de gouter à beaucoup de choses.

 

c) Donner du sens au travail, aux apprentissages.  (Une fois arrivés dans le professionnel, ils deviennent motivés par le travail car ils comprennent et y trouvent du sens.)

5. Ne différencie pas le virtuel (la ficiton) du réel.

Ils ne comprennent pas la portée de leurs actes.

La violence vue à la TV, aux jeux vidéos avec les parents mais en absence de communication Þ violence cautionnée par les parents.

Communiquer, parler à l’enfant de la violence qu’il voit.  Lui dire que c’est mal, que c’est interdit, que cela cause du tort à autrui.

Permettre à l’enfant de voir les conséquences des actes violents.

6. Ne maitrise pas la différence entre mort et vivant. (Présent chez les enfants issus de milieu urbain.) Mettre les enfants en contact  avec des animaux, des personnes âgées (plus proches de la mort ???), avec la nature.
7. Le manque de confiance, le doute d’eux-mêmes. (Présent auprès de toutes les personnes violentes.)

 

La compétition, le dénigrement, la comparaison dévalorisent les enfants.

 

Est-ce que mes parents m’aiment ?   

 

Enfants que l’on a culpabilisé.

Valoriser les compétences de chaque enfants.  (Valoriser aussi les littéraires et pas seulement les logiques de la classe.)

– Ne pas comparer les enfants, les frères et sœurs. Éviter la compétition avec les autres. Accepter et aimer l’enfant tel qu’il est.

– Proposer des activités abordables pour le niveau de l’enfant.

– L’ado. se situe entre l’adulte et le bébé.  Il peut parfois avoir un comportement de bébé et parfois un comportement d’adulte.

L’ado. qui a « mal au ventre » est peut-être le bébé qui a besoin de tendresse.

– Parler en « JE » pour déculpabiliser l’enfant.  Plutôt que de dire « Tu m’énerves. Tu ne mets que du désordre dans cette maison ! », il est préférable de dire « Je suis énervé lorsque je vois du désordre, cela me dérange. »

8. Histoire, origine, identité méconnue ou mal acceptée.

Qui suis-je ?

L’identification à son père violent peut être une cause.

Dire la vérité à l’enfant concernant son histoire même si elle est douloureuse (transparence, lisibilité).

Valoriser son identité, ses origines.

Ne pas donner d’étiquette sous prétexte qu’il provient d’une famille violente.

9. L’enfant est roi et n’a aucune limite, aucune règle, aucune sanction.

Qu’ai-je le droit de faire et de ne pas faire ?

Qui est l’autorité ?

Établir des règles sensées (avec l’enfant de préférence) et les faire respecter en sanctionnant les infractions.

Être cohérent entre père et mère, entre enseignants, entre parents et enseignants.  Tenir ensemble pour représenter la même autorité.

Les limites ne sont pas toujours les mêmes pour tout le monde. Il faut donc parler en « JE » plutôt qu’en « TU » pour que l’enfant comprenne que la limite ne s’applique qu’avec la personne qui l’a dite. « Descends, tu vas tomber. –> Je suis inquiet, j’ai peur lorsque je te vois sur ce mur. Je te demande de descendre. »

10. (Avis personnel non prouvé) Le rejet, l’exclusion (la moquerie, le racisme) est, à mon sens, une des grandes causes de la violence.(Cette cause pourrait peut-être faire partie du manque de confiance en soi.) Éviter les comportements racistes, blessants, moqueurs, qui portent atteinte à l’honneur d’une personne

 Remarques :

1. Il faut travailler les 9 repères éducatifs cités ci-dessus afin que l’enfant soit prêt, disposé à apprendre (avant de travailler le pédagogique).              

Ces 9 repères sont plus fondamentaux que les apprentissages de la lecture, l’écriture et le calcul.

2. L’école n’est pas responsable de tout mais peut contribuer à installer certains repères.

3. La prévention à la violence doit se faire dès la petite enfance.

4. Beaucoup d’adolescents violents sont encore au stade de l’enfant qui n’a pas acquis ces repères.

 

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